Le cadmium est un élément présent
naturellement dans l'environnement.
L'alimentation étant la principale voie d'exposition après le tabagisme, les autorités sanitaires françaises assurent un suivi rigoureux de la situation. Depuis de nombreuses années, des recommandations strictes limitent les apports de cadmium dans les sols agricoles via les fertilisants.
Les décisions des Autorités : le projet de "Socle Commun" et l'arrêté CadmiumCes dernières années, les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé ont élaboré un cadre réglementaire, baptisé "socle commun" visant à réviser la réglementation applicable aux matières fertilisantes et supports de culture (MFSC). Ce nouveau cadre réglementaire, en cours de finalisation, a été complété en juin 2026 par un projet d’arrêté spécifique sur le cadmium, introduisant des réductions progressives des teneurs maximales et des limites de flux à l'hectare. |
Le tableau ci-dessous met en parallèle le cadre réglementaire actuel concernant le cadmium, les transformations dictées par l’arrêté « trajectoire cadmium » à l’horizon 2030, ainsi que les évolutions projetées d’ici 2038 :
| Type de matière fertilisante | Limite actuelle | Limite au 01/01/2030 | Sur la base d'une étude d'impact et au plus tard le 1er janvier 2038 |
| Engrais minéraux et organo-minéraux (P2O5 > 5%) | 90 mg/kg P2O5 | 40 mg/kg P2O5 | 20 mg/kg P2O5 |
| Engrais minéraux et organo-minéraux (P2O5 < 5%) | 5 mg/kg MS | 2 mg/kg MS | 1 mg/kg MS |
| Engrais organiques (A1) | 3 mg/kg MS | 1,5 mg/kg MS | Autant que possible |
| Engrais organiques (A2) | 3 mg/kg MS | 3 mg/kg MS | Autant que possible |
| Amendements organiques (A1) | 3 mg/kg MS | 2 mg/kg MS | Autant que possible |
| Amendements organiques (A2) | 3 mg/kg MS | 3 mg/kg MS | Autant que possible |
| Boues d’épuration (B2) | 10 mg/kg MS | 5 mg/kg MS | Autant que possible |
*Notes :
MS = Matière Sèche
A1 = Catégorie A1, usage particuliers et professionnels
A2 = Catégorie A2, usage réservé aux professionnels
B2 = Catégorie B2, usage réservé aux professionnels, sous plan d’épandage
Parallèlement, des contraintes de flux à l'hectare sont généralisées pour éviter l'accumulation de cadmium dans les sols agricoles. Pour les catégories A1 et A2, le flux annuel de référence est fixé à 2 g Cd/ha/an avec un apport ponctuel maximal de 6 g/ha. Pour la catégorie B2, comme les boues d'épuration, le flux annuel de référence passera de 10 g/ha/an à 5 g/ha/an au 1er janvier 2030, puis à 2 g/ha/an au plus tard le 1er janvier 2038 (avec un apport ponctuel abaissé de 15 g/ha à 6 g/ha).
Souveraineté agricole et alternatives organiques :
le grand défi
La France ne produit aucun engrais minéral phosphaté et dépend entièrement des importations, principalement d'Afrique du Nord. Or, les phosphates sédimentaires d'Afrique du Nord contiennent naturellement des teneurs élevées en cadmium.
C'est ici que les alternatives organiques locales prennent tout leur sens. Il faut savoir que les engrais minéraux importés sont responsables de 54%(1) des apports totaux de cadmium dans les sols agricoles français. À l'inverse, les boues d'épuration et les composts ne représentent que 5%(1) de ces apports, tout en constituant une source précieuse et locale de phosphore recyclé et de matière organique pour restructurer les sols. Valoriser ces ressources locales est donc une priorité stratégique pour notre autonomie et pour la santé de nos terres.
(1) Ademe, 2007, Bilan des flux de contaminants entrant sur les sols agricoles de France métropolitaine.
Prenons l'exemple des composts de boues commercialisés par Veolia (catégorie A2). Les résultats de 695 analyses réalisées en 2025 parlent d'eux-mêmes :
- La teneur moyenne en cadmium s'établit à seulement 0,69 mg/kg MS. Ce niveau se situe très largement en dessous de la future limite du socle commun fixée à 3 mg/kg MS pour la catégorie A2.
- Mieux encore, cette moyenne de 0,69 mg/kg MS respecte déjà, avec près de dix ans d'avance, la limite ultime de 1 mg/kg MS pressentie pour 2038 !
- Sur les engrais riches en phosphore (plus de 5% de P2O5), la valeur limite en cadmium s’exprime en mg/kg de P2O5. Ainsi, en reprenant cette unité et en l’appliquant aux composts, la valeur moyenne de 0,69 mg de cadmium/kg MS correspond à 22,2 mg de cadmium/kg de P2O5, ce qui est extrêmement proche de la recommandation idéale de l'ANSES (20 mg/kg P2O5) pour les engrais minéraux.
Pour les boues d'épuration brutes (catégorie B2), sur 6 417 analyses effectuées, la teneur moyenne en cadmium est de 0,92 mg/kg MS. Ce chiffre est très en dessous de la limite actuelle de 10 mg/kg MS et respecte déjà largement le futur seuil de 5 mg/kg MS applicable en 2030.
Positionnement de l'Expertise Agriculture et de ses composts
l'Expertise Agriculture de Veolia se positionne comme un acteur clé de cette transformation écologique de l’agriculture grâce à une maîtrise rigoureuse de la qualité de ses matières fertilisantes d'origine résiduaire.
Les données d'analyses de Veolia démontrent que ses produits sont d'ores et déjà parfaitement conformes aux exigences futures les plus strictes du "socle commun" et de l'arrêté trajectoire cadmium.
28 ans de preuves scientifiques avec l'étude "QualiAgro"
Cette sécurité n'est pas seulement théorique : elle est prouvée sur le long terme grâce à l'étude scientifique historique "QualiAgro", menée depuis 28 ans par Veolia en partenariat avec INRAE. Ce suivi unique en conditions réelles de l'épandage de produits résiduaires organiques (PRO) apporte des garanties indiscutables :
- Une baisse prononcée des teneurs en cadmium dans les matières organiques épandues depuis 1998, preuve de l'amélioration de la qualité des filières de tri et de traitement.
- Une stabilité des teneurs en cadmium dans les sols agricoles, qui restent identiques à celles des parcelles à l’état initial avant les apports de PRO.
La transition vers une agriculture moins dépendante des importations et plus protectrice des sols est en cours. L'évolution réglementaire sur les teneurs en cadmium constitue un défi pour l'ensemble de la filière fertilisation, tout en soulignant la nécessité d'une gestion durable des terres.
La valorisation des ressources organiques locales s'inscrit pleinement dans cette dynamique. Cette complémentarité entre différentes sources de nutriments représente une voie pertinente pour concilier souveraineté agricole, performance agronomique et exigences sanitaires à l'horizon 2030.
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